FAQ

Voici différentes questions récurrentes sur Gustavo Adolfo Rol
(par Franco Rol, février 2014)

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  • 1) Qui était Gustavo Adolfo Rol ?

    Rol était un maître spirituel italien du XXe siècle (1903-1994), d’orientation chrétienne et catholique. Il était doté de nombreux « pouvoirs paranormaux » qu’il définissait lui-même comme des « possibilités ». Né dans une famille aisée, licencié en jurisprudence, en économie et en biologie clinique, il a travaillé une dizaine d’années dans la banque lorsqu’il était jeune. Toujours élégamment vêtu, il possédait une culture encyclopédique, aimait les arts, jouait du violon et du piano, et était également peintre et antiquaire.

    Tout au long de son existence, il a rencontré et côtoyé quelques-uns des personnages les plus fameux du XXe siècle, dont des chefs d’état et des artistes, mais également des gens ordinaires, tous horizons professionnels et toutes classes sociales confondus.

    Il a toujours mis ses « possibilités » au service de son prochain.


 

  • 2) Quelle était la nature de ses pouvoirs paranormaux, ou possibilités, et combien y en avait-il ?

    Nous avons classé les différents phénomènes en 49 catégories distinctes, bien que certaines se rejoignent, parmi lesquelles nous trouvons notamment : la clairvoyance, la télépathie, la précognition, la post-cognition, la télékinésie, la matérialisation et la dématérialisation d’objets, la bilocation, la lévitation, les voyages dans le temps, le pouvoir de guérison, la xénoglossie, la capacité de foudroyer à distance, celle de diagnostiquer des maladies (endoscopie et vision de l’aura), la « translation » , l’agilité, etc.

    Ces possibilités pouvaient se manifester de manière spontanée, à tout moment de la vie quotidienne : par exemple, il arrivait à Rol d’arrêter un inconnu qu’il croisait dans la rue et de lui dire qu’il n’aurait pas dû prendre telle ou telle décision, qu’il ne devait plus voir telle personne ou faire telle chose. Il pouvait aussi, lorsqu’il détectait un problème de santé, conseiller à ces inconnus de passer des examens médicaux ciblant une partie précise du corps. Mais Rol pouvait aussi démontrer ses possibilités par le biais d’expériences – comme il les appelait – qu’il réalisait chez lui ou chez des amis. Ces expériences étaient codifiées et se déroulaient toujours selon un schéma précis, de sorte que les personnes présentes – entre 5 et 10 en moyenne – pouvaient assimiler les différentes étapes et vérifier qu’elles se succédaient dans l’ordre, du début à la fin.

    À noter que les participants contribuaient activement au déroulement des expériences, tandis que Rol se contentait de donner quelques indications.

    On commençait par choisir un thème, par exemple l’art moderne, puis Rol demandait à chacun des participants de choisir une caractéristique bien précise de cet art ou d’établir une liste de peintres. Un tirage au sort, effectué le plus souvent à l’aide d’un jeu de cartes, permettait de choisir parmi les réponses ou définitions données. On décidait ensuite de chercher la réponse ou la définition dans une encyclopédie ou dans un livre – qui pouvait se trouver sur place ou qu’un invité avait apporté –, et l’on reprenait les cartes à jouer : l’un des invités choisissait l’ouvrage à consulter, puis un autre tirait 3 cartes au hasard du jeu de cartes encore sous cellophane qu’il avait amené et auquel Rol n’avait pas touché. Ces 3 cartes indiquaient le numéro de la page du livre (les figures valaient zéro), et Rol pouvait demander à un troisième invité s’il préférait la première ou la dernière ligne de cette page, ou une autre ligne. Au final, on ouvrait le livre indiqué à la page et à la ligne désignées par ces différents tirages au sort et l’on y retrouvait précisément la phrase que l’un des participants avait prononcée au début de la séance.

    Lors d’autres expériences, tous les invités prenaient une feuille de papier blanc, format A4, dans un bloc neuf, la pliaient en quatre ou en huit et la glissaient dans leur poche ou leur décolleté. On choisissait le sujet, résumé en une phrase, puis une suite de tirages au sort effectués de la même manière que précédemment permettait de faire apparaître cette phrase sur l’une de ces feuilles (qui, pendant ce temps, n’avait pas quitté la poche ou le décolleté de la personne qui voyait se matérialiser le texte). Il pouvait également arriver que l’on voie apparaître une aquarelle encore humide, ou une image, un texte ou un dessin en lien avec le sujet choisi au hasard au tout début de l’expérience. Dans d’autres cas, c’est un petit objet qui se matérialisait au milieu de la feuille de papier, comme une médaille, une monnaie, un pendentif, etc. Enfin, il arrivait que des objets de plus grandes dimensions se matérialisent dans ailleurs, dans une pièce de la maison choisie par les invités.


 

  • 3) Rol est-il né avec ces « possibilités » ou les a-t-il découvertes à un moment donné de son existence ?

    Rol était un enfant introverti et sensible, très intuitif, caractéristiques qui l’ont prédisposé à s’engager dans un parcours tendant à l’observation de la réalité et de soi-même ainsi qu’à la perception de l’existence d’une dimension supérieure et plus complexe que la dimension humaine, qu’il qualifia rapidement de spirituelle. Le mélange d’aspiration mystique et d’analyse rationnelle de tout ce qui l’entourait, associé à la curiosité, à l’entêtement et à la volonté, l’ont amené à la conviction qu’il était possible de deviner les couleurs des cartes à jouer sans les voir. Il avait 22 ans et il venait de passer par hasard devant la vitrine d’un buraliste où étaient exposés des jeux de cartes. Ce n’était au départ qu’un défi qu’il s’était lancé par jeu, mais après deux ans de tentatives et d’essais, il réussit à deviner toutes les couleurs des 52 cartes d’un jeu. Ce jour-là, le 28 juillet 1927, il se trouvait à Paris et il écrivait dans son agenda de travail :

    « J’ai découvert une loi épouvantable, qui relie la couleur verte, la quinte musicale et la chaleur. J’en ai perdu toute joue de vivre. La puissance me fait peur. Je n’écrirai plus rien ! »

    C’est à partir de ce moment, et dans les années qui suivirent, qu’il développa l’ensemble de ses possibilités.

    Rol giovane 1924


 

  • 4) Que signifie cette « loi » qu'il a découverte, et pourquoi dit-il qu'elle est « épouvantable » ?

    Avant toute chose, voyons ce qu’a écrit Rol en 1987 : « J’ai commencé avec les cartes : pourquoi n’aurait-il pas été possible de savoir de quelle couleur était une carte posée à l’envers ? J’essayai et réessayai, mais n’obtins aucun résultat pendant longtemps. Puis un jour, alors que je regardais un arc-en-ciel, je fus pris d’une intuition fulgurante : je réalisai que le vert était la couleur centrale, celle qui unissait toutes les autres. Je mesurai la vibration du vert et découvris qu’elle était identique à celle de la quinte musicale, et qu’elle correspondait à un certain degré de chaleur. C’est ainsi que je commençai à deviner exactement les couleurs des cartes, et peu à peu, à faire tout le reste… »

    Au-delà de ces correspondances physiques effectives, cette « loi » peut s’inscrire dans la perspective du yoga et plus généralement correspondre à un état de conscience tel que lorsque l’esprit est plongé dans un état de méditation profonde, il est capable de visualiser la couleur verte et en même temps, par le biais de l’oreille interne, de « sentir » une quinte musicale (soit un accord de deux notes, par exemple do-sol) semblable au son « Om » de la tradition hindoue. Il devient alors possible de générer une « chaleur psychique », analogue au prana ou au toumo tibétains, propice à l’éveil de la sensibilité et de la perception et susceptible de conduire à un état de conscience non duel, à savoir un état de détachement ultime permettant l’émergence de certains pouvoirs psychiques. Mais cela n’est qu’une première étape. Rol dit de cette loi qu’elle est « épouvantable » en ce qu’elle induit un choc psychique et la dépersonnalisation de celui qui l’expérimente. Il est impossible d’ « administrer » la puissance de l’esprit si l’on n’est pas soi-même préparé à la recevoir. C’est précisément pour cette raison qu’il existe dans toutes les cultures une tradition millénaire d’enseignements qui se transmettent, si ce n’est de Maître à disciple, par des voies plus subtiles, qui obéissent à des normes assez semblables sur le fond et consacrées à définir les règles de l’initiation.

    L’absence d’un Maître n’empêche nullement l’accès à cette énergie-absence d’énergie, mais rend les choses beaucoup plus difficiles, voire dangereuses, et peut même entraîner un déséquilibre psychique ou la mort. Du reste, après sa découverte, Rol a souffert de graves problèmes de santé pendant au moins un an.


 

  • 5) Pourquoi Rol disait-il qu'il n'avait rien à voir avec la parapsychologie, et pourquoi refusait-il de se définir comme un médium, un sensitif ou un magicien ?

    Un véritable Maître spirituel devrait se déclarer étranger à la parapsychologie, et Rol a été, en Occident, le premier et l’unique « sujet » doté de possibilités paranormales à refuser d’être associé à ce champ d’étude, chose que les prétendus Maîtres acceptent volontiers ou vont jusqu’à revendiquer. Un Maître accompli est celui qui a atteint un niveau de conscience élevé et qui a en même temps apporté les preuves de ses possibilités, que le monde chrétien définit généralement comme des charismes ou des dons de l’Esprit saint, et que l’on retrouve en Orient sous la forme de « siddhi » ou accomplissements/réalisations (et l’on parle dans ce cas de Siddha Guru). Dès lors, un tel Maître estime que l’attention que la parapsychologie porte aux « pouvoirs de l’esprit » est totalement disproportionnée par rapport à leu valeur réelle, qui n’est que secondaire et ne doit être que l’instrument d’un enseignement spirituel (compris ici comme une réelle compréhension du monde environnant et de ses différentes dimensions). Si l’être humain ordinaire y voit une sorte de conquête sur le plan de l’évolution, pour l’être accompli, ces pouvoirs ne sont qu’une conséquence du niveau qu’il a atteint. Il n’y accorde donc qu’une importance très relative en ce sens qu’ils ne doivent servir qu’à la conversion de son prochain.

    À l’origine, la parapsychologie s’intéressait surtout aux cas de somnambulisme et aux sujets en état de transe induit par la pratique du magnétisme animal. Dans le courant du XIXe siècle, on a vu apparaître des médiums, soit des sujets capables d’auto-provoquer ce type d’états et apportant ainsi la preuve de l’authenticité de pouvoirs psychiques sortant de l’ordinaire. Ceci posé, induire ou auto-induire un état de ce genre ne relève pas d’une grande difficulté et n’a rien à voir avec l’ensemble des aptitudes propres à un Maître, qui non seulement n’a pas besoin de perdre conscience mais dispose d’une gamme de possibilités beaucoup plus étendue que les médiums, qui n’y ont pas accès, et d’une connaissance telle qu’elle permet à ceux qui l’entourent de s’élever. Rol n’entrait pas en transe et avait des possibilités bien plus étendues que n’importe quel médium étudié par la parapsychologie. Son influence spirituelle se prolonge également – et surtout – après sa mort.

    À la différence du médium, le magicien ne modifie pas son état de conscience, et si un Maître peut aussi être un magicien, il n’est pas réellement un magicien. En effet, un vrai magicien qui n’est pas également un Maître n’est qu’un individu non évolué spirituellement et certainement très limité dans l’expression de sa « magie ». Comme le médium, le magicien puise certaines possibilités dans la psyché humaine et dans la nature, mais n’a pas la capacité de s’élever et de les dépasser, car il est incapable de renoncer complètement à son propre ego (tandis que le médium, lorsqu’il n'est pas possédé par des forces qu’il est incapable de dominer, y est complètement soumis).

    Enfin, pour ce qui est de la définition de « sensitif », si le terme a valeur d’adjectif, un Maître – comme dans le cas de Rol – est également sensitif. Mais si l’on se réfère au substantif, un Maître n’est pas qu’un « sensitif », qui désigne plutôt quelqu’un qui ne s’est pas forcément engagé dans une démarche spirituelle ou ésotérique et qui ne présente aucun état altéré de la conscience. En revanche, un sensitif est doté naturellement d’une sensibilité peu commune qui lui permet de manifester des pouvoirs psychiques de base comme la clairvoyance, la télépathie et la précognition, mais jamais de manière affirmée et précise (comme le faisait Rol). Il y parvient de façon plus vague et épisodique, ce qui ne l’empêche pas d’obtenir des résultats positifs plus souvent que la moyenne statistique. Dès les années 1950, la parapsychologie s’est particulièrement intéressée à cette dernière catégorie en réalisant différentes expériences statistiques avec des sujets « ordinaires » afin de voir si l’un d’eux était plus « sensitif » que les autres. Les résultats obtenus, si l’on se place dans une perspective spirituelle, ne sont guère intéressants, bien que supérieurs à la moyenne statistique.


 

  • 6) Rol a-t-il donné un jour une définition de ce qu'il était ?

    Non seulement Rol réfutait toutes les appellations que nous venons de voir, mais il niait également être quelqu'un de spécial, comme par exemple le jour où il a répondu ceci à un journaliste : « Mais êtes-vous sûr que je sois si important pour votre enquête ? Je ne suis qu'une personne comme une autre. Je n'ai rien à voir avec les médiums, les guérisseurs et les spirites que vous interviewez. Cet univers ne fait pas partie de ma mentalité. Mes modestes expériences relèvent de la science. Ce sont des choses que tous les hommes pourront réaliser un jour ou l'autre. » La première – et l'une des rares – fois que Rol a donné une définition de lui-même a peut-être été en 1977, dans un article du magazine « Gente », article signé par Renzo Allegri, mais écrit par Rol à la troisième personne :

    « Rol n'est pas uniquement "l'homme de l'impossible"... [il] travaille et se consacre constamment à son prochain. »

    À la fin des années 1980, il suggère à la journaliste Giuditta Dembech d'intituler le livre qu'elle aurait voulu écrire sur lui : « Gustavo Rol. Il grande precursore » (« Gustavo Rol, le grand précurseur »). Par ces mots, il entendait souligner une fonction précise et l'inscrire dans une perspective historique.

    À l'homme de l'impossible et au grand précurseur vient s'ajouter cette importante définition, celle de la « gouttière », qu'il écrivait lui-même en 1978 :

    « Je dois nécessairement agir "spontanément", pour ainsi dire "sous l'impulsion d'un ordre inconnu", comme disait Goethe. Je me suis défini comme "la gouttière qui recueille et achemine l'eau ruisselant du toit". Ce n'est donc pas la gouttière qui doit être analysée, mais bien l'eau et les raisons pour lesquelles "cette pluie" se manifeste. Ce n'est pas en étudiant ces phénomènes en aval que l'on pourra en déterminer l'essence, mais bien en amont, là où réside "l'esprit intelligent" qui constitue en soi ce Merveilleux qu'il n'est pas nécessaire d'identifier à Dieu pour en reconnaître l'existence. Il y a dans ce Merveilleux une Harmonie qui résume à elle seule le Tout, définition qui convient aussi bien à ceux qui admettent l'existence de Dieu qu'à ceux qui la renient. »


 

  • 7) Rol faisait-il des séances de spiritisme ?

    Non. En général, lors d’une séance de spiritisme, plusieurs participants se réunissent autour d’une table et entrent en contact – seuls ou guidés par un médium en transe – avec l’esprit d’un ou de plusieurs défunts. Ils peuvent soit invoquer le défunt – mains jointes, posées sur la table – ou utiliser une planche marquée des lettres de l’alphabet : le médium, seul ou avec les participants, fait en sorte qu’un « esprit » réponde à leurs questions et se sert de sa main qui se déplace comme si elle était mue par une volonté autonome pour pousser un « indicateur » utilisé pour désigner les lettres qui formeront la réponse. Rol n’a jamais rien fait de tel, sachant qu’il n’entrait pas en transe et qu’il n’invoquait aucun défunt, puisqu’il soutenait que « les défunts ne sont pas parmi nous », mais il pouvait parfois demander l’assistance – si l’on peut dire – de celui qu’il appelait « l’esprit intelligent » (voir plus loin). Enfin, ses expériences poursuivaient une finalité différente des séances spirites, pendant lesquelles on cherche à obtenir des informations sur « l’au-delà » ou un peu de réconfort auprès d’un parent décédé. Les expériences de Rol, elles, visaient à démontrer soit les potentialités de l’être humain lorsqu’il est capable de se mettre en syntonie avec une dimension plus profonde du cosmos, soit la réalité effective de cette même dimension, spirituelle, intemporelle et en laquelle il était possible d’identifier la présence de Dieu. Rol pouvait faire une exception à la règle selon laquelle « les défunts ne sont pas parmi nous », et cette unique exception consistait à apporter quelque réconfort à quelqu’un qui, peut-être, venait de perdre son conjoint. Rol lui disait alors qu’il voyait le défunt aux côtés du vivant et décrivait très précisément la personne en question. Mais il s’agissait de situations particulières, limitées à la seule sphère privée, que n’accompagnait absolument aucun rite et de plus, il ne s’agissait pas du défunt lui-même, mais de son « esprit intelligent ».


 

  • 8) Qu'est-ce que l'esprit intelligent ?

    Pour Rol, tout objet animé ou inanimé possède un « esprit », tout comme l’être humain, qui prend toutefois l’attribut « intelligent » en raison des particularités de sa conscience. Ces deux formes « d’esprit », qui ne se distinguent que par leur degré, habitent l’objet ou l’être humain pendant leur existence puis lors de leur disparition, c’est-à-dire au moment de la mort. Il s’agit en quelque sorte d’un « film » de l’objet ou de l’individu, d’une reproduction contenant toutes les informations qui le caractérisent et toute son histoire, de sa naissance à sa mort. Si, par exemple, Rol demandait à « l’esprit intelligent » de Léonard de Vinci de « participer » à une expérience et de faire se matérialiser un tableau sur une page blanche, la « mémoire éthérée » de Léonard, conservée dans les archives de l’univers, pouvait réaliser ce tableau grâce et à travers Rol, qui jouait le rôle de catalyseur et de réactivateur de cette mémoire… Mais le tableau peint par l’esprit intelligent de Leonardo correspondait au style et à l’expression de son génie. Son esprit intelligent ne pouvait pas peindre dans un style différent ni représenter des sujets qu’il n’avait jamais peints de son vivant, exactement comme un personnage de film ne peut pas volontairement jouer un autre rôle et se mettre à faire autre chose que ce qu’il fait déjà dans le film. Dans le même ordre d’idées, nous pouvons tout à fait identifier « l’âme » à l’acteur, qui peut, lui, interpréter d’autres rôles. Et en effet, d’après Rol, « l’âme retourne à Dieu », expression sujette à différentes interprétations. Il est dit, dans la tradition métaphysique, qu’un Maître peut revenir sur Terre volontairement afin de poursuivre ou d’achever une mission d’ordre spirituel. En revanche, c’est un autre destin qui attendrait ceux qui, pendant leur existence, n’ont pas atteint un niveau spirituel suffisamment élevé pour pouvoir survivre après la mort. De fait, la matière retourne à la matière…


 

  • 9) Rol croyait-il à la réincarnation ?

    Non, mais ce sujet reste controversé. Certains – une minorité – soutiennent que Rol y croyait, mais ils font partie de ceux qui croyaient déjà à cette théorie avant de rencontrer Rol et qui ont pris certaines de ses allusions ou métaphores au pied de la lettre afin de confirmer leurs convictions. Quant à nous, nous avons largement traité de cette question dans le livre « Il simbolismo di Rol » (« Le symbolisme de Rol ») et démontré, sur la base des déclarations de Rol lui-même et de la tradition métaphysique, qu’il n’y croyait pas. Évidemment, d’un point de vue éxotérique, la théorie en question est rassurante en plus de satisfaire la raison… Il y a du vrai dans cette théorie, tout comme il y a du vrai dans le récit de la Genèse sur Adam et Ève. Mais certainement pas au point de vue littéral. Pour en revenir à ce que disait Rol, il affirmait ceci :

    « Tout ce qui a été pensé jusqu’ici, et tout ce qui a été fait dans le domaine du surnaturel est bien loin de la vérité. Les concepts développés autour du spiritisme et, surtout, de la réincarnation, sont erronés, pour ne pas dire faux. » (1951, lettre autographe)

    « La réincarnation n’existe pas, je n’y crois pas ! » (années 1970, enregistrement audio)

    Suite à la parution d’un article où un journaliste avait écrit que Rol « tend à faire allusion à lui-même comme étant une réincarnation » de Napoléon Bonaparte, Rol avait adressé une lettre à la rédaction du magazine, où il disait ceci : « Rien de plus faux : une telle affirmation va à l’encontre de mes principes religieux et philosophique » (1987)

    Enfin, certains soutenaient que Rol restait ambigu sur cette question pour ne pas heurter l’Église catholique, mais cette affirmation est dénuée de tout fondement. Les citations ci-dessus, qui ne sont pas déformées par des tiers, ne donnent lieu à aucune ambiguïté. 


 

  • 10) L'Église catholique a-t-elle donné un point de vue officiel sur Rol ?

    Non, mais certains ecclésiastiques ont témoigné personnellement de leur estime pour Rol, comme le cardinal Maurilio Fossati, ancien archevêque de Turin, ou Don Andrea Bava, qui officiait à la paroisse de San Vito.

    Don Piero Gallo était le prêtre de l’église Saints Pierre et Paul du quartier de San Salvario, le quartier de Turin où habitait Rol, qu’il ne connaissait pas, si ce n’est pour l’avoir rencontré brièvement peu avant sa mort, à l’hôpital Molinette. Mais il avait pu se forger une opinion sur la base des témoignages des nombreux habitants du quartier qui avaient connu Rol et avait déclaré en diverses occasions que Rol « a fait briller l’intelligence de Dieu en de nombreux endroits », qu’il avait été un « homme extraordinaire… charitable, affectueux, humble et toujours optimiste, même dans la souffrance, ce qui est clairement une empreinte de dévotion mariale… pour avoir fait remonter ses pouvoirs à Dieu. (…) Disons qu’il a vécu une “sainteté laïque“ à travers tout ce qu’il a fait pour les humbles, les indigents et les affligés… ». Enfin, Don Gallo disait de Rol que « l’exemple qu’il donnait a incité de nombreuses personnes à se rapprocher encore plus de l’Église ».

    L’écrivain catholique Vittorio Messori, qui connaissait Rol, écrivait en 2004 que sa vie avait été « une vie de gentilhomme droit et honnête, mais aussi de croyant pratiquant, qu’il n’était pas rare de découvrir absorbé dans la prière dans la pénombre d’une chapelle de la Consolata… S’il a souhaité me rencontrer, c’est parce qu’il voulait me féliciter pour les choses “catholiques“ que j’écrivais. Il m’a confirmé à plusieurs reprises – y compris lors de son dernier coup de téléphone – qu’il se reconnaissait totalement dans l’orthodoxie de l’Église. »

    La journaliste du journal « Avvenire », Monica Mondo, connaissait également Rol et avait écrit dans ce quotidien catholique qu’elle avait « récité nombre d’Ave Maria en compagnie de Rol » et qu’en ce qui le concernait, « il ne s’était jamais fait remarquer et n’avait jamais rien demandé pour lui, car ce qui lui importait réellement c’était de faire le bien, de s’impliquer auprès des malades, d’apporter son aide financière, d’être présent par un mot gentil ou de faire don de sa vertu, qu’il était lui-même incapable de s’expliquer (c’est un don de Dieu, disait-il, dont je dois rendre compte et dont je dois me servir pour Dieu). »

    Rol a été en contact avec des représentants de toute la hiérarchie catholique et il semblerait même qu’il ait rencontré le pape Pie XII. Il tenait l’institution de l’Église en haute considération, de même que les saints de la tradition chrétienne, et leur témoignait respect et dévotion. Il avait rencontré Padre Pio de Pietrelcina à San Giovanni Rotondo et gardait une photo de lui sur le secrétaire de son bureau, à côté de celle du curé de San Secondo di Pinerolo, Don Giovanni Battista Martina, en qui il voyait un saint, et de Padre Eugenio Ferrarotti, qui officia à Turin avant de devenir prêtre exorciste à Gênes dans les années 1950.

    Si l’Église ne s’est pas encore exprimée officiellement à propos de Rol, c’est très probablement dû au fait qu’elle attend d’avoir une meilleure vue d’ensemble de sa vie et de son parcours spirituel, dont les détails n’ont surgi – et continuent de surgir – que depuis quelques années. 


 

  • 11) Qu'est-ce que la « conscience sublime » ?

    Rol en a donné plusieurs définitions, notamment celle-ci :

    « L'état de conscience sublime est l'union avec l'Absolu, un Tout, un ensemble que rien ne vient séparer. »

    Cet état permettait à Rol d'exprimer ses possibilités et de réaliser ses expériences. Nous avons relié cette conscience sublime à des états analogues que l'on retrouve dans les courants métaphysiques, comme par exemple le nirvana ou le samadhi hindous. Un Maître accompli qui atteint un tel niveau spirituel obtient en retour – sans l'avoir cherché – ce que la tradition hindoue appelle les siddhi et qui sont précisément les possibilités de Rol.


 

  • 12) Rol demandait-il à être payé pour ses expériences ou donner ses conseils « paranormaux » à ceux qui l'approchaient ?

    Non, en aucun cas. Demander de l’argent aurait été absurde et inconcevable pour le Maître qu’il était (et pour n’importe quel Maître authentique), dont le seul but était d’aider les autres, de démontrer – autant que faire se peut – l’existence de Dieu et que « la mort n’existe pas ». En revanche, Rol a aidé financièrement quelques personnes et fait des dons en faveurs d’associations caritatives, et souvent anonymement.


 

  • 13) Comment gagnait-il sa vie ?

    Rol est né dans une famille aisée mais où l’on travaillait. Ceci dit, il n’a jamais été entretenu par sa famille et a commencé à travailler à 22 ans comme employé de banque auprès de la « Banca Commerciale Italiana », dont son père Vittorio était le fondateur et le directeur du siège de Turin. Il y est resté près de 10 ans et est passé par différentes filiales en Europe (Marseille, Paris, Londres, Édimbourg, Gênes, Casablanca, Sestrières) jusqu’à sa démission en 1934, quelques semaines après le décès de son père. Il a bien connu une période difficile lorsqu’il vivait à Marseille (1925-1926), car il tenait à s’en sortir avec son seul salaire et ne voulait pas de l’aide de sa famille. Ainsi, il arrondissait ses fins de mois dans les salles de cinéma en accompagnant les films muets au violon.

    À la mort de son père, Rol a administré les biens familiaux et a commencé à travailler en indépendant, comme antiquaire et traducteur de textes en anglais et en français. C’est là qu’il a également vendu ses premiers tableaux. Il a ouvert un magasin d’antiquités dans le centre historique de Turin dans les années 1940 et s’en est séparé à la fin des années 1960, lorsque la peinture est devenue son unique – et occasionnelle – source de revenus. Sa capacité à gérer rigoureusement ses revenus au fil du temps lui a permis de passer une vieillesse sans soucis matériels et de consacrer tout son temps à faire le bien autour de lui.


 

  • 14) Les tableaux de Rol sont-ils exposés dans un musée ? Existe-t-il des catalogues ?

    Rol a peint une centaine de tableaux, peut-être 150, et il n’existe aucun catalogue complet de ses œuvres. Il n’existe que deux catalogues partiels, élaborés lors de deux expositions, la première présentée au Sermig de Turin en 2000 et la seconde au château de Guarene, dans la province de Cuneo (une cinquantaine de tableaux en tout). Ces tableaux appartiennent à des collections privées et aucune autre exposition n’est prévue.


 

  • 15) Pourquoi Rol est-il plus connu depuis sa mort ?

    Rol n’a jamais cherché à être sous les projecteurs. Au contraire, il est toujours resté en retrait et demandait souvent aux rares journalistes qu’il rencontrait, comme à ses amis, de ne parler de lui qu’après sa mort. Le fait est qu’une trop grande attention médiatique l’aurait non seulement empêché de vivre en paix, mais aussi d’être utile aux autres de façon efficace et attentive. En étant exposé, il aurait dû ignorer les innombrables appels à l’aide qui n’auraient pas manqué de lui parvenir dès lors que ses possibilités auraient été connues du public, sans parler des éventuels mythomanes ou fanatiques. La dernière chose que Rol voulait était de voir une file d’attente en bas de chez lui ou d’être mis en cause dans des débats télévisés.


 

  • 16) Rol a-t-il eu des disciples ou des adeptes ? Qui sont ceux qui ont témoigné ou qui témoignent à son propos ?

    Non, il n’y a ni disciples – car Rol n’a jamais revêtu le costume « officiel » de Maître – ni adeptes, car il ne dirigeait ni une secte ni une société secrète. De ce point de vue, il était là aussi un homme d’apparence normale, entouré d’amis et de connaissances, qui avait l’habitude de côtoyer des personnalités de la haute société internationale, d’une part parce qu’il évoluait naturellement – par tradition familiale – dans ce milieu, et d’autre part parce qu’en essayant d’influencer favorablement sur ces représentants des hautes sphères, il pouvait espérer que son action fasse « boule de neige » et permette d’obtenir des résultats en aval. Mais cela ne l’a pas empêché de fréquenter des gens de toutes classes sociales et tous horizons professionnels. Ainsi, parmi ceux qui parlent de lui aujourd’hui, nombreux l’ont connu en tant qu’amis, connaissances ou témoins ayant assisté par hasard à quelque chose d’unique sans savoir qui était Rol.


 

  • 17) Rol réalisait-il ses expériences chez lui uniquement ?

    Non, bien au contraire : on peut même dire qu’il les réalisait surtout en d’autres lieux, et souvent chez ses amis. C’était aussi une manière de détourner l’attention et d’éviter que l’on s’intéresse trop à sa personne ou à son environnement. En effet, son appartement turinois, qui donnait sur le parc du Valentino, était élégamment meublé et abritait, outre de précieuses antiquités, des reliques napoléoniennes. C’était pour ainsi dire une maison-musée à l’atmosphère très suggestive. Sachant que certaines personnes pouvaient se sentir intimidées face à lui et par cette ambiance, Rol tenait à leur éviter ce sentiment et choisissait le décor plus « normal » des appartements de ses amis, où il se trouvait parfaitement à son aise et où il pouvait également faire en sorte que les autres invités se sentent bien. Ils avaient alors la sensation que Rol était un invité comme les autres et qu’ils étaient sur pied d’égalité, ce qui contribuait à créer une atmosphère détendue et cordiale, condition essentielle à la réussite des expériences. Dans les années 1960, par exemple, Rol aimait bien se rendre chez Franca Pinto, chez ses amis Pierlorenzo et Giuliana Rappelli, ou encore chez ses cousins Franco et Elda Rol. Dans les années 1970, il se rendait volontiers au domicile de Giorgio et Domenica Visca ou chez Remo Lugli, etc.


 

  • 18) Certains disent que Rol n'était qu'un illusionniste de grand talent. Pourquoi ?

    Ce sont des mots qui reviennent souvent chez les illusionnistes qui n’ont pas connu Rol et, en général, chez tous les sceptiques ou même les incrédules qui n’ont pas suffisamment approfondi le sujet et son histoire. Ce point de vue tient à trois raisons majeures :

    1. Rol utilisait souvent les cartes à jouer
    2. Rol ne s’était jamais soumis à un contrôle scientifique tel que l’entend la science moderne
    3. La diversité et le caractère extraordinaire des prodiges et miracles qu’on lui attribue relève de l’impossible et ne peut résulter que de trucages, de suggestion mentale ou d’inventions rapportées par les témoins eux-mêmes ; d’autre part, l’aspect « paranormal » n’a jamais été démontré.

 

  • 19) Rol faisait-il des tours de magie ?

    Nous n’avons que deux éléments pour répondre à cette question, à savoir les témoignages sur lui et les expériences. Concernant les témoignages, personne n’a jamais rapporté l’avoir vu faire des tours de magie lorsqu’il était adulte, mais un journaliste a laissé planer un malentendu en écrivant que dans son enfance, Rol s’amusait parfois à faire ce genre de tours. Or, nous avons retrouvé la personne qui avait raconté cette histoire (une nièce argentine de Rol, née en 1926 lorsqu’il avait déjà 23 ans). Il s’avère qu’elle avait simplement dit que Rol, lorsqu’il était jeune (et non enfant) faisait des « tours » avec les cartes, qui sont à l’origine de sa découverte. Sachant que ces « tours », qui étaient en réalité des expériences, n’ont rien à voir avec des tours de magie, il semble établi que rien, au vu des connaissances biographiques dont nous disposons aujourd’hui, ne vienne étayer un tel argument (précisons que non seulement nous avons assisté à ces expériences, mais que nous sommes d’accord avec Rol pour dire que n’importe qui d’autre, doté des mêmes dispositions, serait capable de les réaliser).

    Par contre, il lui arrivait de faire une blague à quelqu’un pour mettre son sens critique l’épreuve ou simplement pour rire, car Rol était aussi un grand farceur. Il jouait aussi de ces moments de plaisanteries pour dédramatiser les choses lors des vrais « tours » qui pouvaient laisser certains de ses invités effarés, si ce n’est paniqués, lors de leur première rencontre.


 

  • 20) Est-il déjà arrivé que quelqu'un dise avoir découvert un truc ou une manipulation quelconque lors de ces expériences ?

    Non, aucun de ceux qui ont connu et fréquenté Gustavo Adolfo Rol n’a fait allusion à quelque chose de ce genre. Et pourtant, presque 90 ans se sont écoulés entre le moment où il a commencé à manifester ses possibilités (en 1927), et 20 ans ont passé depuis sa mort en 1994.


 

  • 21) Les illusionnistes disent qu'ils peuvent reproduire tous les prodiges de Rol. Vrai ou faux ?

    C’est vrai, de nombreux illusionnistes ont dit qu’ils pourraient reproduire tous les phénomènes attribués à Rol. Mais ce n’est rien d’autre que de l’illusionnisme verbal et médiatique pur et simple… car la plus grande partie de ces phénomènes est impossible à reproduire. En général, les illusionnistes peuvent arriver à restituer les effets de certains des phénomènes attribués à Rol, mais ils ne sont absolument pas en mesure d’imiter les conditions dans lesquelles il se mettait ou se trouvait. Prenons un exemple banal que nous avons déjà donné il y a des années : il est tout à fait possible d’imiter Jésus marchant sur l’eau (comme l’a fait le magicien Dynamo sur la Tamise), mais pas les conditions dans lesquelles il se trouvait (le plexiglas transparent n’avait pas encore été inventé, et encore moins le savant montage des photos prises à l’occasion…). Dans certains cas, il n’est même pas possible de reproduire un effet, et nous n’allons par dresser ici une liste complète des épisodes ou phénomènes impossible à reproduire, mais nous pensons avant tout au cas de clairvoyance, de télépathie, de guérisons et de précognition (le « cas Cini » est un exemple emblématique, mais nous pourrions en donner bien d’autres), sans oublier les jeux de cartes (voir plus loin).


 

  • 22) Rol acceptait-il que des illusionnistes puissent eux aussi assister à ses expériences ?

    Oui, et il n’a jamais eu d’idées préconçues sur cette catégorie d’artistes, car il sélectionnait les gens en fonction de ce qu’ils avaient dans le cœur et non de leur profession, ou en instaurant une sorte de stratégie initiatique (qui, apparemment, n’aurait pas toujours été couronnée de succès, si l’on pense au cas de ceux qui ont pu le décevoir). Rol a connu cinq magiciens ou illusionnistes, dont deux de renommée internationales (Alexander et Tony Binarelli) et trois amateurs (Ermanno et Carlo Buffa di Perrero, et Giuseppe Vercelli). Tous les cinq avaient une très bonne opinion de Rol, quatre d’entre eux ont assisté à ses expériences (sauf Alexander, qui a tout de même rapporté avoir vécu personnellement un épisode de clairvoyance), et trois en ont parlé dans leurs propres livres ou dans des interviewes (à part le père de Carlo, Ermanno Buffa di Perrero, décédé en 1982). Tous trois sont d’accord pour dire, comme des centaines d’autres témoins, qu’il n’y avait aucun trucage dans les expériences auxquelles ils ont assisté. Carlo Buffa, lui, a tenté plus d’une fois de « piéger » gentiment Rol afin de voir si ses expériences pourraient résister à un quelconque changement de dernière minute : et de fait, elles réussissaient toujours.


 

  • 23) Pourquoi Rol utilisait-il si souvent des jeux de cartes pour ses expériences ?

    Comme nous l’avons vu plus haut, les cartes à jouer ont permis à Rol de faire sa découverte. Mais l’usage qu’il en a fait par la suite tient principalement au fait qu’elles avaient une fonction d’outil mathématique, en ce sens qu’elles permettaient de générer un ordre à partir de variables aléatoires. Cet ordre était construit sur une suite de hasards, bien que de manière téléologique avec la participation de tous les invités, et Rol, sans intervenir, agissait, si ce n’est comme un moteur immobile, comme un chef d’orchestre qui ne fait rien d’autre que de coordonner les différents instruments.

    Il est impossible d’expliquer en quelques lignes le rôle des cartes dans certaines expériences. Le plus simple est de reprendre un exemple que nous avons donné ailleurs et qui permet de comprendre le schéma le plus simple :

    « On pouvait procéder à une expérience “simple “ en début de soirée et n’utiliser que deux paquets : ainsi, l’invité A était invité à prendre son jeu de cartes, que Rol n’avait pas touché, et à le mélanger. En clair, l’invité le tenait devant lui et le coupait à n’importe quel endroit, puis montrait la carte de coupe, par exemple l’as de cœur.

    Rol demandait alors à l’invité B de prendre à son tour son jeu de cartes, à le mélanger et à le poser devant lui. Puis, choisissant une autre méthode, mais toujours rigoureusement aléatoire, il demandait à l’invité C de choisir un nombre entre 1 et 52. Si l’invité disait “22“, Rol disait à l’invité : “retirez 21 cartes à partir du haut du paquet et retournez la vingt-deuxième, qui devrait être l’as de cœur.“ L’invité B s’exécutait avec circonspection, arrivait à la vingt-deuxième carte, la tournait… et l’as de cœur apparaissait.

    Les expériences se poursuivaient plus ou moins de la même manière, mais Rol les rendait toujours plus complexes et aléatoires, en demandant par exemple à l’invité D de dire le premier mot qui lui venait à l’esprit, d’en compter les lettres et de les additionner aux lettres d’un autre mot prononcé peu avant par l’invité E. L’invité devait ensuite prendre le premier livre venu sur une étagère de la bibliothèque et chercher le chapitre dont le numéro correspondait à l’addition en question. Invariablement, le premier mot ou la première ligne de cette page correspondaient à ce que Rol avait écrit sur l’une de ces feuilles en présence de ses hôtes avant l’expérience. Rol pouvait mener des dizaines d’expériences – dont la difficulté allait crescendo – en une seule soirée. »


 

  • 24) Qu'en pensait la science ? Rol avait-il rencontré des scientifiques ?

    Rol a eu l’occasion de dire que si sa prédisposition ne l’avait pas poussé vers une quête essentiellement spirituelle, il se serait certainement orienté son intérêt vers la science. En outre, il avait de très bonnes connaissances en physique, en biologie et en médecine et soulignait l’importance des avancées scientifiques, aussi longtemps qu’elles n’entraient pas en opposition avec le développement spirituel des êtres humains. Au plan médical, il a toujours recommandé à ceux qui avaient besoin de soins de consulter des spécialistes et de s’en tenir au systèmes de santé officiels avant d’éventuellement intervenir personnellement en recourant à ses possibilités thérapeutiques. Il a rencontré de nombreux scientifiques, dont certains étaient renommés (comme Albert Einstein et Enrico Fermi), et avait même prédit que dans un avenir relativement proche, la science pourrait expliquer ses expériences et qu’elle finiraient par en faire partie intégrante.


 

  • 25) Pourquoi ne s'est-il jamais soumis à un contrôle scientifique de ses possibilités ?

    Rol n’était pas opposé à soumettre ses possibilités à une expérimentation scientifique. Au contraire, on peut même dire qu’il a passé sa vie à chercher tel ou tel chercheur capable d’accueillir ses connaissances et de se prêter à un apprentissage long et approfondi, comme c’est la règle dans le domaine spirituel (on parle alors d’initiation). Il était exclu de prendre en compte la moindre expérimentation qui n’aurait pas rempli ce critère, non par mauvaise volonté de la part de Rol, mais par la nature même des choses. De même qu’il serait inconcevable de mettre un enfant aux commandes d’un jet supersonique ou de faire passer des examens de niveau universitaire à l’école primaire, la science de Rol, qui était une Science Sacrée, présupposait – et présuppose toujours – que l’on soit préparé non seulement au plan cognitif, mais surtout empathique, en ce sens que l’individu désireux d’apprendre doit faire preuve de maturité intérieure et avoir dominé son ego, ne pas chercher à assouvir des intérêts personnels, avoir développé des qualités comme l’intuition, l’imagination et la spontanéité, être capable d’apaiser complètement son esprit, et ainsi de suite… En d’autres termes, avant de passer à la phase « opérationnelle » de la mécanique des expériences de Rol, l’aspirant-élève doit déjà avoir parcouru un long chemin sur la voie de l’élévation spirituelle. Rol soutenait que quiconque, doté des mêmes dispositions que lui, aurait été en mesure de réaliser les mêmes expériences. Mais encore faut-il saisir ces dispositions… Lors d’une conversation enregistrée dans les années 1970 et retranscrite dans « Le symbolisme de Rol », Rol dit au journaliste Remo Lugli :

    « Tu vois, Lugli, si tu avais 20 ans et si j’étais sûr d’avoir les moyens de subvenir à tes besoins sans que tu ne doives étudier [travailler], je te mettrais au travail, et il ne me faudrait pas dix ans pour faire en sorte que tu sois capable de faire tout ce que je fais… »

    À la préparation de ces « examinateurs » – qui auraient donc dû être des gens avertis et avec lesquels Rol aurait instauré un rapport d’amitié et de confiance, élément essentiel à la réussite des expériences et par ailleurs inhérent au prérequis que nous venons d’évoquer – s’ajoutait le fait que Rol devait se sentir à son aise et non pas contraint par un conditionnement psychologique, comme de devoir réaliser telle expérience ou répéter un même schéma à plusieurs reprises afin d’arriver à un résultat préétabli. Son état d’âme était un élément fondamental pour la dynamique des expériences, et il ne peut en être autrement dès lors que la conscience – et plus encore celle que Rol appelait la « conscience sublime » - intervient dans un tel processus et qu’il existe une relation déterminante entre cette conscience et la matière, le temps, l’espace, etc. La « conscience sublime » est un peu à l’image du fameux magasin de porcelaine, où il vaut mieux ne pas faire entrer un éléphant… Voilà qui devrait répondre clairement à la question.


 

  • 26) Y a-t-il une explication scientifique à ses expériences ?

    Il n’existe encore aucune analyse scientifique complète, mais nous avons déjà écrit sur ce thème et apporté suffisamment d’éléments pour que quiconque s’y intéresse sache de quel côté regarder. Ceci posé, aucune évaluation scientifique ne peut prétendre être complète si elle omet les présupposés spirituels corrects, raison pour laquelle nous avons donné comme point de départ la théorie et la pratique du yoga, auxquelles il faut évidemment ajouter certaines théories de la physique, notamment du XXe siècle.


 

  • 27) Rol a-t-il écrit des livres ? Si oui, les a-t-il publiés ?

    Rol avait de grandes qualités d’écriture en plus de ses qualités personnelles et artistiques. Alberto Bevilacqua le décrivait ainsi en 2000 : « … nous avons affaire à un écrivain d’une rare intensité, à un penseur et à un philosophe du credo religieux d’une immense portée. » Bevilacqua commentait alors le recueil de textes autographes de Rol, publié sous la direction de Catterina Ferrari après sa mort (« Io sono la grondaia...  » Diari, lettere, riflessioni di Gustavo Adolfo Rol, soit « Je suis la gouttière… » Journaux, lettres et réflexions de Gustavo Adolfo Rol, Giunti, 2000), l’un des ouvrages les plus importants qui lui aient été consacrés, car « écrit » de sa main. D’autres journaux et lettres ont été publiés après sa mort, mais Rol n’a jamais rien fait paraître de son vivant. Dans sa jeunesse, mais avant sa découverte de 1927, il s’était attelé à l’écriture d’un livre de philosophie et de pensées spirituelles, puis avait mis ce projet de côté. Dans les années 1950, il avait indiqué à un journaliste qu’il était en train de rédiger un ouvrage intitulé « Le quattro mura intorno » (« Entre quatre murs », mais ce texte reste inédit à ce jour et il est impossible de savoir s’il existe encore.


 

  • 28) Combien y a-t-il de biographies de Rol ou d'essais à son sujet ?

    À ce jour (janvier 2015), il existe en tout 25 ouvrages consacrés à Rol. Le premier est une biographie écrite en 1986 par le journaliste Renzo Allegri, « Rol l’incredibile » (« L’incroyable Rol »). À noter que Rol n’avait pas autorisé cette biographie, par ailleurs la seule à être parue de son vivant.


 

  • 29) Quels sont les livres les plus fiables et intéressants ?

    En plus du recueil « Je suis la gouttière… », cité plus haut, la biographie la plus sérieuse et complète est celle de Remo Lugli, « Gustavo Rol. Una vita di prodigi » (« Gustavo Rol, une vie de prodiges », Ed. Mediterranee, 1995/2008). Signalons deux autres ouvrages intéressants : un autre de lettres autographes de Rol, « La Coscienza Sublime » (« La conscience sublime », L’Età dell’Acquario, 2006), publié sous la direction de Maria Luisa Giordano, et le témoignage de Giorgio di Simone, « Oltre l’umano. Gustavo Adolfo Rol » (« Gustavo Adolfo Rol. Au-delà de l’humain », Reverdito, 2009). Les deux essais de Franco Rol, « Il simbolismo di Rol » (« Le symbolisme de Rol », 2008/2012) et « L’uomo del’impossibile », 2012 (« Un être exceptionnel – Gustavo Adolfo Rol », 2014), apportent un début d’analyse et une bonne vue d’ensemble. http://gustavorol.org/index.php/bibliografia


 

  • 30) Rol est-il connu uniquement en Italie ? Et à l'étranger ?

    Rol est peu connu du grand public en dehors de l’Italie, car la plupart des ouvrages biographiques le concernant ont été publiés après sa mort, dans les 20 dernières années, et uniquement en italien. En 2013, Franco Rol a publié et fait traduire l’essai « L’Uomo dell’impossibile » en anglais (« The Unbelievable Gustavo Adolfo Rol ») et en espagnol (« El extraordinario Gustavo Rol »). La version française (« Un être exceptionnel. Gustavo Adolfo Rol ») est sortie en 2014, ainsi qu’une réédition de la version anglaise. Une traduction en portugais est prévue pour 2015.


 

  • 31) Rol a-t-il eu des enfants ? Qui sont ses plus proches parents ?

    Non, Rol n’a pas eu d’enfants, sans que l’on sache exactement pour quelle raison. Certains disent que son épouse, Elna, ne pouvait pas en avoir, d’autres que ce problème était du côté de Rol, et d’autres encore qu’il n’en voulait pas afin de pouvoir se consacrer exclusivement à son prochain.

    Les plus proches parents de Gustavo Adolfo Rol sont les petits-enfants (22) de son frère Carlo (1897-1978), qui avait émigré en Argentine dans les années 1920, et où il a eu quatre enfants : Maria (1924-1979), Umberta (1926-2011), Vittorio (1929-2017) et Maurizio (1934-2004). Rol avait encore deux sœurs, qui vivaient en Italie, Giustina (1900-1970) et Maria (1914-1996), restées elles aussi sans enfants. Un peu plus loin dans son arbre généalogique, nous trouvons un cousin au cinquième degré, Franco Rol (1908-1977), que Rol considérait comme un frère, et dont le petit-fils homonyme – Franco Rol – est l’auteur de ces pages.


 

  • 32) Rol a-t-il eu des prédécesseurs dotés des mêmes possibilités que lui ? Qu'en est-il aujourd'hui ?

    Oui, il y en a déjà eu, car Rol s’inscrit dans une tradition spirituelle très ancienne, et jamais disparue. Nous irons même jusqu’à dire que l’Occident n’avait plus vu naître un Maître spirituel de l’envergure de Rol depuis l’époque de Jésus, alors que l’on rencontre plus fréquemment de tels maîtres en Orient. Mais ce qui fait l’originalité de Rol, c’est sa modernité et son apparente normalité, ainsi que différentes indications théoriques qui permettraient aussi d’envisager, pour la première fois, le cheminement spirituel sous un angle éminemment scientifique. Nous n’avons pour l’heure pas connaissance de l’existence d’un être doté d’une spiritualité aussi complète que celle de Rol ou des mêmes possibilités que lui. 


 

  • 33) Peut-on lire les pensées et maximes de Gustavo Adolfo Rol sur Internet ?

    Oui, essentiellement sur la page Facebook qui lui est consacrée.